Je m'étais promis de tout prendre avec le sourire. Mais à ce moment là, je ne pensais pas ça si dur. Je ne me donne plus le temps de penser à tout ça. Si loin. Est-ce que au moins... J'ai gâché les dernières semaines à me dire que ce que je faisais n'était pas sympa pour toi. Tu t'en foutais déjà. Je ne retenterais pas, nous avons laissé passé notre chance. Et j'ai envie d'étreindre la mort.
Rien n'est vrai.
Parce que oui je suis au courant que la vie est pourrie, que la vôtre est dépourvue d'intérêt et très malheureuse. Mais ce n'est pas une raison. Ce n'est pas une raison pour oublier de regarder autre chose que vous. Ce n'est pas une raison non plus pour parler à ceux qui vous veulent du bien comme si ils étaient un poids. Pensez aussi que ceux-là souffrent et que peut-être ils réalisent eux-mêmes un effort en venant vous parler. & puis pensez à tous ces gens à qui vous faites de la peine. J'en ai marre de l'égoïsme, oui j'existe et oui j'aimerais compter un peu. C'est déjà assez difficile d'accepter sa propre existence, ce que l'on est, ce que l'on deviendra sûrement. Assumer les choix que l'on a fait, le mal que l'on a pu faire et celui que l'on nous fera. Accepter que nous ne sommes pas des gens exceptionnels, que l'on ne changera pas le monde avec des mots et des phrases, que l'on étudiera pas nos textes, que nous ne serons pas reconnus et que ce n'est plus la même époque. Accepter de grandir et de prendre du recul devant ce que l'on nous dit, devant l'avenir qui s'ouvre à nous comme un trou béant engloutissant les rapports humains, le temps et l'argent. Comme tout ce que l'on aurait voulu faire et qu'on n'aura jamais le courage d'avouer. Mais aussi accepter de grandir, et de comprendre que si l'amour nous tourne le dos c'est parce que peut-être on l'attend trop. Je me fiche de l'endroit, de l'époque, j'aimerais seulement savoir que cela va m'arriver aussi et que ce sera mieux que ce que j'attends. J'aime que l'on me sourie lorsqu'on me voit, j'aime que l'on vienne me parler sans que je fasse le premier pas et j'aime encore plus que l'on me regarde alors que personne ne me voit. Je relis et je me rends compte que ces phrases ne doivent avoir un sens que pour moi. Mais tant pis, je sais que tous, sous vos faux airs d'indépendance, vous n'attendez qu'une chose: que quelqu'un se ramasse pour parler de lui. Alors regardez tous, tous ceux qui s'estiment matures ou éminemment détachés de ce monde, je me ramasse.
Et vous savez quoi? Se ramasser parfois, ça libère.